Retour sur le 4ème congrès des maires et des élus du Lot
Près de 800 personnes présentes, au parc des expositions du Grand Cahors pour un moment qui permet aux élus du Lot de se retrouver pour échanger sur les sujets d’actualité dans cette période particulièrement troublée; qui permet aussi de rappeler la place de la commune, des intercommunalités et de tous les élus locaux qui font vivre la démocratie locale.
C’est Joël Balandraud, vice-président de l’Association des maires de France, qui a ouvert la séance déclarant « …Dans une situation instable, les habitants se tournent vers les élus locaux, (…) Nos communes sont ces petites patries où le lien social tient quand certains attisent un climat insurrectionnel. »
JM Vayssouze le président de l’AMF46 et sénateur lotois ’est lui attaché à défendre les collectivités locales. « C’est l’organe de l’écoute, du dialogue, du compromis, de la responsabilité, de la solidarité, qui incarne une République de terrain, 24 heures/24 et 7 jours/7. » Il a ainsi rappelé : « On a tout essayé, la droite + la gauche, la gauche + la droite, mais ce qu’on n’a pas essayé, c’est de donner plus de pouvoir aux maires. Car eux savent faire consensus pour bâtir les projets. Les politiques les plus efficaces ne sont pas celles d’un État central. »
Serge Rigal, président du conseil départemental du Lot : « »Si le pays tient malgré quinze mois de blocage politique, c’est grâce aux acteurs locaux qui gèrent les urgences et préparent l’avenir. Mais le risque est grand pour notre pays de basculer dans les extrêmes. »
A retrouver également un article de la dépêche relatant les réflexions et alertes de JM Vayssouze concernant le rôle crucial des maires. Ainsi alerte-t-il sur un contexte « difficile » pour les élus locaux. face à l’incertitude créée par la suspension du travail législatif sur des dossiers clés (statut des élus, zéro artificialisation nette, déserts médicaux) et la fragilité du gouvernement. « Seule la démocratie locale tient encore », estime-t-il, soulignant le rôle crucial des maires dans la continuité du service public.
Il remarque que les communes sont les moteurs de l’investissement public avec 75 % des investissements publics portés par les collectivités locales; Aors que le déficit national s’aggrave les maires maintiennent le cap « Ils croient en l’avenir et dynamisent leur territoire ». Les élections municipales de 2026 s’annoncent comme un enjeu démocratique majeur, bien au-delà du simple scrutin communal.
Il redoute une « lassitude » des élus face à l’inflation réglementaire et aux contraintes administratives, qui pourraient décourager l’engagement. Pourtant, le Lot affiche déjà 42 % de femmes parmi ses maires, devançant la moyenne nationale. La réforme du scrutin de liste, sans possibilité de rayer des noms, est perçue comme un renforcement du travail d’équipe et de la cohérence des projets municipaux.
Alors que la confiance dans les élus nationaux s’effrite (seulement 32 % de confiance selon les sondages), les maires conservent celle de 68 % de leurs administrés. « Ils prouvent leur capacité à collaborer, à équilibrer les budgets et à trouver des solutions locales là où l’État échoue », conclut Vayssouze, citant la vidéoprotection, les polices municipales ou les maisons de santé comme exemples de missions régaliennes désormais assumées localement.
Pour lui : À l’approche de 2026, la stabilité du pays pourrait bien se jouer dans les urnes des petites communes.
Le congrès s’est ensuite poursuivi par l’intervention de Benjamin Morel, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas, sur le thème « Comment concilier décentralisation, liberté locale et unité nationale. »
La décentralisation ? Il en question. Retenons que le chef actuel du gouvernement fait sien « le principe constitutionnel de subsidiarité » souvent défendu par les élus locaux afin d' »identifier l’échelon le plus pertinent pour répondre aux besoins de nos concitoyens – politique publique par politique publique – et d’en tirer toutes les conséquences en matière de compétence et de financement ». Eric Woerth avait remis au président de la république Eric Woerth a remis en mai à Emmanuel Macron son rapport très attendu sur la décentralisation. Il y est notamment question de répartition des compétences entre les collectivités, avec des préconisations pour chaque échelon. Le fonctionnement de l’intercommunalité est aussi questionné. S’agissant des modes d’élection, le semi-retour du conseiller territorial va faire débat. Tout comme le retour du cumul des mandats. Parmi ses 51 propositions, l’enjeu des finances est aussi largement abordé. Une importante redistribution des ressources entre échelons ainsi qu’entre Etat et collectivités est imaginée.
A suivre …
Sources : DDM – Localtis- Facebook

