Théorème
THÉORÈME VO
Italie 1969. Un drame de Pier Paolo Pasolini avec Terence Stamp,
Silvana Mangano, Massimo Girotti…
Durée : 1h38
INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS
Un jeune homme d’une étrange beauté s’introduit dans une famille bourgeoise. Le père, la mère, le fils et la fille succombent à son charme. Son départ impromptu ébranle tous les membres de la famille..
CINÉ-MÉMOIRE
Ces films qui ont fait scandale, entraîné des polémiques
VENDREDI 21 NOVEMBRE À 18H30 ENTRÉE 4 €
Présentation et débat Guy Fillion
Séance précédée par une prestation de l’école de musique
de Gourdon
Les horaires
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| 18H30 VO |
Les critiques : **** / ***** Note 3.4
À la sortie du film, en 1968, Pasolini révéla la véritable identité du héros, Dieu. Sa question est simple et douloureuse : comment l’homme peut-il créer (des voitures, des sentiments, des enfants, des films) après l’œuvre grandiose de Dieu, créateur du monde ? Cette parabole éblouissante s’appelle Théorème. Tout y est mathématique, jusque dans l’agencement des plans, le visiteur hypnotique disparaît exactement à la moitié du film ! Pasolini tord le septième art dans tous les sens. Il commence en noir et blanc, puis nous éclabousse de couleurs avec l’arrivée du visiteur salvateur. À force d’expériences, chimiques, sensorielles, sexuelles, il finit par atteindre le sacré, son véritable cheval de bataille, « parce que c’est la part de l’homme qui résiste le moins à la profanation du pouvoir qui est la plus menacée par les institutions »…»
«.Théorème », de Pier Paolo Pasolini : un hymne aux vertus scandaleuses de la vérité.Beaucoup crieront au scandale. Mais il faut prendre ce film pour ce qu’il est : un pamphlet symbolique contre les conventions qui régissent l’ordre social. Cet article est paru dans « Le Monde » du 1er février 1969.Il est facile d’imaginer le genre de réactions auxquelles ce film va donner lieu. Pour certains, ce sera la franche hilarité. Les plaisantins feront des gorges chaudes à voir un beau jeune homme « vamper » de A à Z une famille bourgeoise, une paysanne en odeur de sainteté flotter dans les airs, un honorable industriel exécuter un strip-tease au milieu de la gare de Milan. Le rire est une réaction classique de défense. On pouffera donc, sans trop chercher à comprendre.D’autres, et ce seront sans doute les plus nombreux, crieront au scandale. Théorème est, de fait, un film doublement scandaleux. D’abord parce que l’amour physique y est pratiqué, si j’ose dire, sous toutes les coutures. Ensuite, parce qu’à l’occasion de ces débordements « honteux », Pier Paolo Pasolini prétend nous communiquer un message d’ordre spirituel. Que le film ait remporté à Venise le prix de l’Office catholique n’arrangera pas les choses. Tout au contraire. Et pour avoir écrit que le film de Pasolini était « une grande interrogation sur la condition humaine », voire même « une recherche de l’absolu », le Père Marc Gervais, jésuite canadien, risque fort d’être voué aux gémonies.D’autres encore hausseront les épaules, se contentant de dénoncer le simplisme des élucubrations pasoliniennes, la naïveté de sa parabole, l’obstination enfantine avec laquelle, de film en film, l’auteur s’efforce de réconcilier le Christ, Marx, Freud et Oscar Wilde, sans oublier son goût de l’exhibitionnisme et de la provocation.Et puis il y aura ceux qui aimeront Théorème. Autant dire tout de suite que je suis de ceux-là et que, en dépit de son caractère scabreux et de certaines roublardises inhérentes sans doute à la personnalité de Pasolini, je considère ce film comme le plus sincère et le plus accompli de ses ouvrages cinématographiques..
Sous des formes diverses et par des biais multiples, Pasolini a souvent exprimé dans ses films la nostalgie d’un état édénique où l’homme serait libéré des fausses fatalités qui l’écrasent. Ses références au message évangélique, au message marxiste, au message freudien témoignaient plus ou moins ingénument de cette soif de libération, tandis qu’à grand renfort de mythes et de légendes, il s’efforçait d’illustrer son rêve intérieur.»
