L’eau et l’irrigation : un premier salon professionnel dans le lot
Le 27 juin dernier, la Chambre d’agriculture du Lot a organisé le tout premier Salon de l’eau et de l’irrigation au couvent de Vaylats.
Agriculteurs, experts, partenaires techniques se sont réunis autour de cet enjeu crucial : sécuriser la ressource en eau pour l’agriculture face au changement climatique. Hausse des températures, des événements climatiques de plus en plus imprévus et plus violents, le monde agricole est concerné par ce changement climatique.
Avec les premières limitations de l’usage de l’eau annoncées, les agriculteurs sont de plus en plus conscients que selon la région et selon la saison l’eau peut manquer pendant les mois d’été.
Les exposants étaient également présents. Car aux questions d’irrigation la performance des systèmes d’irrigation peuvent aussi permettre une optimisation de la ressource hydrique.
L’équipe Eau de la Chambre est composée de trois conseillers, et sera bientôt renforcée. Elle accompagne déjà au quotidien les porteurs de projets pour développer des retenues, moderniser les équipements ou accéder aux aides publiques.
Ce salon a confirme son rôle clé dans la gestion collective, durable et concertée de l’eau dans le Lot.
Contact Pôle environnement et végétal 05 65 23 22 22
Pour mémoire : Dans le cadre de l’appel à projets « Accompagnement des agriculteurs face au changement climatique » lancé en 2024 par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et l’ADEME, 105 projets ont été retenus par les comités de sélection régionaux : parmi les 105 , 4 projets lauréats sont lotois.
- un projet porté par le Syndicat mixte Célé Lot médian, en partenariat avec les Fermes de Figeac, Bio46, les Chambres d’agriculture du Lot et du Cantal. L’objectif est de renforcer la résilience du territoire en diversifiant les systèmes d’élevage afin de faire face aux défis climatiques et économiques. Plus concrètement, il s’agit de sensibiliser des agriculteurs en les accompagnant dans la mise en œuvre des recommandations et des transpositions des bonnes pratiques sur d’autres territoires.
- un projet porté par APABA (Association pour la Promotion de l’Agriculture Biologique en Aveyron), en partenariat avec Bio 46, pour accompagner de manière collective ou individuelle les agriculteurs face au changement climatique, en faisant du sur-mesure au plus près de leurs besoins et de leurs problématiques.
- un projet porté par Vinovalie, en partenariat notamment avec les Chambres d’Agriculture du Lot, de Tarn et Garonne, du Tarn et de la Haute-Garonne, autour de la vigne. Il s’agira de prendre en compte les résultats de l’étude sur la vulnérabilité des dénominations viticoles du Sud-Ouest face aux changements climatiques, d’en élargir l’analyse avec d’autres études, puis de construire un plan d’actions à l’échelle des exploitations agricoles.
- un projet pour lequel la Chambre d’Agriculture du Lot est partenaire de la Chambre régionale d’agriculture d’Occitanie. Ce projet vise à accompagner les exploitations grandes cultures de la région Occitanie sur la thématique « érosion des sols ».
Ces projets vont permettre de faciliter et de massifier l’accompagnement des agriculteurs face aux enjeux climatiques. Ils sont autant de leviers pour engager des dynamiques de changement et donner des perspectives économiques claires aux agriculteurs dans la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre et leur adaptation au changement climatique.
Une démarche inédite. Ce vendredi, la Chambre d’agriculture organisait un grand salon professionnel dédié à l’eau et à l’irrigation, au couvent de Vaylats. « On souhaite qu’il y ait une prise de conscience générale autour de l’eau et de l’irrigation, et notamment dans le monde agricole », affirme Stéphane Pons, président de la chambre lotoise.
22 % des exploitations du Lot irriguées
Alors comment faire ? L’irrigation apparaît comme une solution de choix. C’est une opération consistant à apporter artificiellement de l’eau à des végétaux cultivés pour en augmenter la production et permettre leur développement normal. « Il y a ceux qui pompent directement dans le milieu, mais en cas d’étiage, ça peut devenir compliqué. Il y a également la création de réserves donc pas besoin de pomper dans le milieu l’été. Et enfin, il y a les ASA (Associations syndicales autorisées) qui sont des réseaux collectifs d’irrigation (il y a plus de 800 kilomètres de réseau collectif dans le Lot – NDLR) », poursuit Stéphane Pons. Dans le Lot, sur environ 800 exploitations, 22 % sont irriguées. Trois appels à projets concernant la création de réserves dans le Lot ont été lancés.
De plus, les agriculteurs soulignent un élément important : les exploitations irriguées se transmettent plus facilement. « S’il y a accès à de l’eau, cela attire plus facilement les jeunes. C’est un élément à prendre en compte dans notre département où de nombreux exploitants sont sur le départ », détaille le président de la chambre d’agriculture.
D’autres solutions sont envisageables : les retenues collinaires (même si elles ne fonctionnent pas partout), l’agroforesterie, la génétique des plantes, la perméabilité des sols… Le tout est que tout le monde réfléchisse à ces enjeux sur l’eau et l’agriculture. Éric Frétillère conclut : « C’est notre alimentation que l’on produit. Si on ne le fait pas, on va continuer d’importer. On va aller chercher des melons au Maroc alors qu’on peut en faire dans le Lot ? Il faut avoir une vision à long terme sur les enjeux de l’eau »

