Accatone
ACCATTONE VO
Italie 1962. Un drame de Pier Paolo Pasolini avec Franco Citti,Silvana Corsini, Franca Pasut…
Durée : 1h55
RETROSPECTIVE DU CINEMA ITALIEN
4€
Privé de Maddalena, en prison par sa faute, Accattone, petit proxénète lâche et sans scrupule, doit trouver un moyen de gagner sa vie. Il tente de retourner chez la mère de son fils, mais celle-ci le met dehors. Puis il rencontre Stella, une jeune fille pure et naïve, dont il tombe amoureux…
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Les horaires
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| 17H00 VO | 19H00 VO |
Les critiques
« La vérité comme une éclaboussure… C’est peut-être par cette violence fondamentale que s’exprime la beauté du cinéma de Pier Paolo Pasolini. Sans doute au travers d’une caméra plaçant l’Homme au centre du Monde, laissant Dieu bavarder seul avec les cordes de Jean-Sébastien Bach ; ou peut-être au détour d’une banlieue aride, vétuste, décor de fortune d’un premier long métrage unique, tragique, irrécupérable : le bien-nommé Accatone. Rares sont les films ayant abordé le thème du proxénétisme avec autant de passion, autant de poésie, autant de dignité. Pasolini, avec les moyens du bord, burine le visage anguleux de Franco Citti d’un soleil écrasant, sculpte le cadre dans son plus simple appareil. Son œuvre est modeste sans être chiche, précieuse sans être riche. Car si le luxe peut-être un leurre pour le cinéaste la pauvreté lui permet de dévoiler l’âme humaine, de la mettre à nu aux yeux du spectateur. Violent, lyrique, flamboyant même, Accatone est un petit chef d’œuvre désarmé sur un Homme en quête d’absolu : recherche existentielle mêlée de fatigue, de brutalité mais aussi de douceur et de pureté, le chemin d’Accatone est un poème en prose, trace éventuelle de tous les laissés-pour-compte de notre petit Monde. Evident et déchirant.»
«Premier long-métrage de Pier Paolo Pasolini qui décrit la misère de ces jeunes gens qui se déroule dans la banlieue pauvre de Rome mais déjà force et maîtrise pour conter la pitoyable existence d’un jeune et miséreux maquereau sans avenir! D’après son roman « Una vita violenta », le cinéaste italien montre son goût pour le prolétariat urbain vu dans une perspective ou il mêle christianisme et marxisme! L’interprétation admirable de Franco Citti, faites de gaietés et de cruautés, montre bien ici une existence vouée à l’échec! Une œuvre âpre et pessimiste qui montre déjà une violence impressionnante et un engagement total de Pasolini…»
«Pour son premier film, Pier Paolo Pasolini livre une oeuvre encore très proche du néoréalisme, d’une part pour ses décors, essentiellement des bidonvilles italiens, écrasés par le soleil qui donne au film une ambiance amer, comme une odeur de souffre. D’autre part, il y a le personnage central et éponyme, Accattone, dont le regard noir qu’il porte sur la vie donne le ton du film. Enfin, il y a l’histoire racontée, d’une impossible rédemption dans une société cruelle. Les propos de Pasolini après une arrestation de police qu’il a subit l’année du tournage du film peuvent résument parfaitement le message du film : « Celui qui se trouve frappé est pris d’une profonde douleur&; cela lui donne l’impression d’un monde totalement incompréhensible où il est inutile de parler, de se passionner pour quelque chose, de discuter&; cela lui donne l’impression d’une société où, pour survivre, on ne peut que devenir cruel, répondre à la cruauté par de la cruauté…».»
