Ça chauffe du côté de Cressensac…
Mme la Préfète avait fait le point en son temps et force était de constater que la production d’énergies renouvelables allait fortement s’accélérer sachant que c’est le photovoltaïque qui est la source la plus prometteuse dans le lot où nous avons beaucoup de soleil et peu de vent.
Actulot dévoile qu’outre le projet contesté de tour de Faure, aujourd’hui des boucliers se lèvent contre le projet de centrales photovoltaïques de Cressensac, ( nord du Lot) qui occuperaient 100 ha
Ce qui est mis en cause par les opposants tient principalement à « la disparition et au détournement des terres agricoles »
Car s’il y a bien une priorité en France pour installer les panneaux sur les terres artificialisées il n’est cependant pas interdit sur les terres agricoles ou naturelles. Car c’est aussi une question fortement « économique » pour ne pas dire financière…
À première vue, selon L’ADEME il ne serait pas nécessaire de mobiliser des terres agricoles ou naturelles pour atteindre les objectifs de la PPE. (Programmations pluriannuelles de l’énergie). Cependant, si L’ADEME a évalué que la surface que représentent les gisements potentiels (à l’échelle nationale) que sont les toitures, les « zones délaissées » (friches industrielles, tertiaires, commerciales et autres, les parkings est très supérieure aux objectifs, les professionnels et acteurs publics, s’accordent eux pour dire que tous ces sites identifiés ne peuvent pas être exploités à un coût raisonnable, parce qu’ils sont trop petits ou trop accidentés, qu’ils sont trop éloignés du réseau électrique, qu’ils bénéficient d’un ensoleillement trop faible, ou que les loyers demandés par leurs propriétaires se sont envolés.
Le gisement d’espaces artificialisés disponibles avec une bonne rentabilité est donc de plus en plus limité.
Les agriculteurs eux voient souvent le photovoltaïque comme une source potentielle de complément de revenu et cela d’autant plus qu’ils sont dans des régions où l’activité agricole est peu rémunératrice et la pérennité des exploitations menacée.
Les services de l’État ou les collectivités territoriales cherchent de leur côté à encourager le développement du photovoltaïque, afin d’atteindre leurs objectifs de transition énergétique.
De cela, il résulte de nombreuses exceptions à l’implantation qui sont négociées localement
Et c’est parce que les actions publiques engagées au sujet du photovoltaïque ne renvoient pas à une finalité unique, et partagée par tous, que l’espaces des possibles s’ouvre et que l’installation sur les terres agricoles ou naturelles, est envisageable.
Les stratégies locales de prospection et de négociation
Pour les entreprises de l’énergie, il s’agit de juger de la pertinence économique du site, évaluée en fonction de la taille du terrain, de son orientation et inclinaison, et de sa proximité avec le réseau électrique.
Cette recherche, généralement nommée « prospection » a plusieurs objectifs.
- Déjà vérifier que le lieu choisi n’est pas incompatible avec l’obtention des autorisations nécessaires à l’installation de photovoltaïque
- Anticiper le travail d’argumentation qui sera nécessaire pour convaincre les élus locaux concernés,
- rédiger une étude préalable agricole convaincante et recevoir des avis positifs de la CDPENAF (Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers)
- Les terrains potentiels sont alors évalués. Une zone ayant une faible attractivité agricole ou une exploitation dont les terres sont depuis longtemps en friche seront particulièrement convoitées.
- La prospection porte aussi sur la recherche des bons interlocuteurs, ceux qui seront le plus favorables à l’idée d’un projet photovoltaïque sur des terres agricoles. Les interlocuteurs sont en premier lieu des agriculteurs et propriétaires fonciers. Pour négocier le plus simple est de procéder à des envois massifs de courriers, en espérant une réponse de certains.
De façon plus ciblée, plusieurs entreprises développent des liens avec des élus ou salariés d’organisations professionnelles agricoles (Chambres d’agriculture, syndicats, coopératives, etc…), afin qu’ils les aident à identifier de bons prospects.
- Les « négociateurs » savent aussi qu’un projet d’ampleur peut avoir un effet fort sur les finances d’une petite commune ou qu’une collectivité engagée dans le programme national « Territoire à énergie positive pour la croissance verte » a plus de chance d’être ouverte à l’implantation d’un site de production d’énergie renouvelable.
- enfin, la veille sur les calendriers des plans locaux d’urbanisme, les amène à contacter les municipalités qui sont engagées dans la phase de concertation préalable à la révision, moment le plus adéquat pour les convaincre de modifier leur zonage.
La négociation passe finalement par un ajustement aux spécificités de chaque territoire. Les porteurs de projets analysent ainsi méthodiquement les avis donnés en CDPENAF, pour voir quels projets ont été acceptés par le passé, avec quelle forme de maintien d’activité agricole, quel montant de compensation, etc… Ils engagent aussi très souvent des échanges avec les agents des services de l’État et des Chambres d’agriculture pour saisir leur vision des enjeux agricoles du territoire. Ce travail, s’il est bien mené, permet de connaître les possibles dans chaque département. Ainsi il arrive que même si des surfaces de pâturage ont une faible qualité agronomique, les acteurs publics et les organisations professionnelles agricoles plaident pour leur préservation, tant elles représentent l’identité du territoire. Un projet d’aménagement sur de mauvaises terres pour les céréales ou des légumes ne se justifie pas, dès lors qu’elles pourraient être converties à la viticulture, très dynamique dans le département. Pour les porteurs de projet photovoltaïques, acquérir ce type d’informations est indispensable, sous peine d’argumenter à l’envers des attendus locaux.
Sources: openedition.org
Retrouvez informations et contacts du collectif citoyen sur citoyliens.fr/stop-agrivolt-cressensac.
Le collectif Stop Agrivoltaïque Cressensac a rejoint le Réseau des Résistances et Alternatives Lotoises (RRAL)
Photo mise en avant : parc-photovoltaique-de-sarrazac-46/

