Dans le Lot, la prolifération des sangliers met à mal cultures et chasseurs

Un article paru dans la dépêche du Midi nous relate que les chasseurs en déclin sont face à une espèce en plein essor. Le département compte désormais moins de 6 000 chasseurs, avec une perte de 200 adhérents chaque année. Le vieillissement des pratiquants et le manque de renouvellement des générations aggravent la situation. « Avant, chaque ferme comptait un chasseur. Aujourd’hui, les agriculteurs n’ont plus le temps », déplore Michel Bouscary, président de la Fédération. Pendant le Covid, la baisse de l’activité cynégétique, couplée à des conditions météo favorables et à la déprise agricole, a accéléré la prolifération des sangliers. Résultat : le Lot a enregistré la plus forte hausse de prélèvements en France, passant de 4 000 à plus de 11 000 sangliers abattus en deux ans.

La facture est salée pour les agriculteurs La Fédération départementale de chasse du Lot doit débourser plus de 900 000 € pour indemniser les dégâts causés par les sangliers aux cultures durant la saison 2024/2025, dont 620 000 € versés directement aux agriculteurs. Malgré un plan de régulation intensif, plus de 21 000 sangliers ont été prélevés sur deux saisons, sans parvenir à enrayer leur expansion. Pourtant, les premiers signes d’une possible accalmie se dessinent : les demandes d’indemnisation des agriculteurs ont chuté de moitié par rapport à l’an dernier, passant de 612 à 215 dossiers déposés après les moissons.

La régulation est devenue une obligation face à l’urgence. La chasse est désormais perçue comme un « devoir » plutôt qu’un loisir. Les sangliers, dépourvus de prédateurs naturels, peuvent être chassés presque toute l’année, sans quota. La Fédération a renforcé les formations à la sécurité et incite ses adhérents à redoubler d’efforts. « Sans notre action, les routes de campagne seraient impraticables », souligne Michel Bouscary, rappelant qu’un million de sangliers ont été prélevés en France la saison dernière.

Si les indicateurs actuels laissent espérer une baisse des dégâts, rien n’est encore acquis. La saison de chasse, qui s’étend de novembre à février, sera décisive. Mais avec des effectifs de chasseurs en chute libre et un climat de plus en plus clément, la régulation de l’espèce reste un défi de taille.