L’abattoir de Saint-Céré de nouveau dans la tourmente

L’abattoir de Saint-Céré est  le dernier abattoir intercommunal multi-espèces du Lot (bovins, veaux, ovins, porcs). Il existe un seul autre abattoir dans le Lot situé à Gramat. Il n’abat que des ovins et uniquement pour les éleveurs en contrat avec Bigard.

L’abattoir de Saint-Céré avait en 1988 une capacité de 2 700 à 3 000 tonnes par an pouvant aller jusqu’à 3 000 à 4 000 tonnes, selon les années et les filières. Aujourd’hui on y abat un volume de 2000 tonnes alors qu’il est calibré pour 3 000 tonnes. Ce sont 90 clients, éleveurs et autres, qui font appel à l’abattoir de Saint-Céré Mais cela reste insuffisant. Ce manque d’abatteurs s’expliquerait par une question de coûts et selon certains, aussi par des choix politiques ».

Géré par la communauté de communes Cauvaldor Il emploie aujourdh’ui une 20aine de personnes.

Outil essentiel pour les filières locales et circuits courts dans le Lot ( pour les éleveurs, afin que la viande soit transformée localement, pour réduire les déplacements, etc…) et pour le maintien d’une diversité d’élevage (petits producteurs, élevage multi-espèces), la modernisation et le récent changement de statut en SEM (Société d’Économie Mixte incluant partenaires publics et privés pour mieux répartir le financement, devait faciliter le coût des travaux de mise aux normes d’un abattoir vieillissant afin d’améliorer le confort animal, la traçabilité, l’hygiène et dynamiser les investissements

Cependant en 04/2025 suite à des contrôles de sécurité sanitaire, la préfecture du Lot a mis en demeure l’abattoir intercommunal lui donnant 3 mois pour corriger les problèmes de traçabilité, maintenance et bien-être animal .

Comble de « malchance », un nouvel arrêté de la préfecture ne lui permet plus de tuer les bovins pour en faire de la viande halal ceci pour non conformité majeure au titre de la protection animale et de l’hygiène. À noter que l’abattage conventionnel des bovins, des porcs et des petits ruminants restait alors autorisé. Mais cette filière Halal représentait un nouveau marché pour l’abattoir qui lui devait lui permettre d’atteindre l’équilibre financier.

Et puis patatras ! La dernière inspection, conduite à la mi-septembre, a conduit à la suspension de la chaîne porcine pour des raisons de non-conformité au bien-être animal. Le rapport confirme aussi la présence plus large de problèmes concernant la maîtrise de production et des questions d’hygiène. « Cela a conduit à la décision, qui vient d’être notifiée à l’abattoir, d’une intention de suspension de l’agrément sanitaire. Un délai de dix jours est accordé », rajoute la préfète Claire Raulin.

Ce lundi , éleveurs, agriculteurs, élus et responsables syndicaux, toutes sensibilités réunies, étaient nombreux devant la préfecture à Cahors pour manifester leur inquiétude face à une fermeture de l’abattoir

La préfète a assuré que l’État « n’a pas vocation à faire fermer l’abattoir » et souligné que d’autres établissements, ailleurs en France, ont traversé ce type de procédure avant de reprendre leur activité. « Nous continuerons d’accompagner les acteurs locaux. Cet abattoir doit être porté collectivement, par les collectivités comme par les usagers ».

Le soutien des élus est massif sur la nécessité de conserver l’abattoir faute de voir, en cas de fermeture définitive, les volumes d’abattage se reporter sur des abattoirs plus éloignés, avec un surcoût logistique et un risque pour la vente directe.

Ce qui est demandé actuellement par les syndicats agricoles est un allongement des délais et des engagements sur les financements afin de sécuriser l’avenir de l’abattoir, car le maintien de toutes les filières (porc, bovin, ovins) est crucial pour préserver l’équilibre économique.

Sources : la montagne – DDM