Le loup

Alors que le comité « loup et activités d’élevage » du Lot qui s’est réuni le 3 juin sous la présidence de la préfète a noté que depuis l’été dernier, aucune prédation attribuée au loup ne s’est produite dans le Lot, l’Union européenne a approuvé définitivement le déclassement du loup d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Cette décision découle d’un recensement mené en 2023, révélant 20 300 loups en Europe, dont 1 023 en France. Le loup reste donc protégé, mais avec plus de souplesse pour les États membres, notamment en matière de gestion et de tirs d’individus.

Chaque pays peut cependant maintenir une protection stricte s’il le souhaite. Si l’Anem (élus de la montagne) salue le déclassement, jugé bénéfique pour les éleveurs, les défenseurs de la nature, comme l’ASPAS, dénoncent une mesure sans fondement scientifique, risquant de déséquilibrer les écosystèmes. Certains pays (Pologne, Belgique, Portugal…) ont annoncé qu’ils maintiendront une protection stricte dans leur droit national. Reste à voir comment la France va s’approprier ce déclassement. 

Ce changement donne aux États davantage de marge pour gérer les populations de loups, mais suscite un débat entre impératifs agricoles et protection de la biodiversité.

Dans le Lot

Pour l’instant, le réseau des observateurs a été renforcé car dans cette période propice à la dispersion de l’animal, la vigilance doit être accrue. 

Les dommages aux troupeaux doivent être signalés immédiatement via le numéro unique joignable 24h/24 : 06 61 65 73 81.

S’agissant des moyens de protection des troupeaux, l’appel à projet destiné aux éleveurs pour financer ces moyens est ouvert jusqu’au 31 juillet 2025. Il permet de se doter de clôtures électrifiées, de chiens de protection et de faire réaliser des analyses de vulnérabilité. La chambre d’agriculture du Lot a obtenu l’agrément national permettant de rédiger ces études de vulnérabilité qui priorisent les mesures à mettre en œuvre au niveau d’une exploitation agricole pour protéger les troupeaux.

Lors du comité Loup, plusieurs partenaires ont présenté leurs actions de soutien aux éleveurs. L’association Ferus a présenté le programme de bénévolat Pastoraloup permettant un appui complémentaire aux éleveurs en période de prédation. 

Avec l’aide de financements du Fonds Vert mobilisés par l’Etat, le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy poursuit ses actions de sensibilisation auprès du grand public dont des conférences scientifiques. Il réalisera à partir de cet automne des diagnostics de vulnérabilité auprès d’éleveurs volontaires. Enfin, en partenariat avec le PNRCQ, l’entreprise M2I va expérimenter un dispositif à base de phéromones pour repousser les prédateurs.

Le prochain comité « Loup » du Lot se réunira à l’automne.

Sources: préfecture et maire info