Les maisons des jeunes et de la culture, un réseau plus jeune qu’il n’y paraît
Plus de 500 représentants et représentantes des MJC de toute la France – dont la moitié de moins de 25 ans – se sont retrouvés pendant trois jours, du vendredi 4 au dimanche 6 juillet, dans le pays de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Une convention festive et engagée sur fond de vitalité, d’échanges, mais aussi d’inquiétudes sur l’avenir d’une partie de ces structures.
Un article d’Emmanuelle Stroesser paru dans maire info:
Valoriser l’engagement des jeunes
À l’heure où certains mettent en doute la capacité d’engagement des jeunes, il leur est recommandé d’ouvrir les portes d’une MJC. Une personne sur deux les fréquentant a moins de 25 ans. De quoi vivifier certains échanges… « Quand je suis arrivée, je cherchais un stage, j’étais un peu perdue » , raconte une jeune fille. « On m’a transmis, et j’ai appris à transmettre à de plus jeunes » explique une autre. « C’est pas toujours drôle, c’est parfois long, mais on s’y sent reconnu ». « J’ai l’impression de me rendre utile, d’avancer vers une société plus égalitaire, c’est peut être naïf ou utopique mais c’est suffisant pour que je souhaite m’engager », ajoute une autre. « C’est un lieu imparfait où on apprend à échanger avec les autres, on remet nos certitudes en question, où on fait un pas de côté », enchaine une jeune femme. « J’ai ouvert la porte d’une MJC pour ne plus m’embêter le mercredi après-midi et trois ans plus tard je suis entrée au conseil d’administration, aujourd’hui je suis plus sûre de moi » , exprime une autre. Dans le public, les adultes apprécient.
Faire vivre le débat
Leur modèle économique repose, en moyenne, sur 52 % de subventions publiques (en majorité des municipalités, en plus petite partie des CAF pour des actions jeunesse et les agréments centre social, de l’État avec des postes Fonjep, des Drac, ou plus à la marge, des régions). Le reste des ressources, 48 %, provient des cotisations et recettes d’activités.
Les MJC subissent donc, elles aussi, l’effet ciseau d’une baisse de certaines subventions, le « coup de rabot » sur les services civiques, comme la hausse des coûts de fonctionnement (inflation des prix des fluides, +10 % de la masse salariale suite à des accords de branche). L’amortissement est impossible pour les plus fragiles. « En 2023, la moitié des MJC était en déficit, les marges de manœuvre se réduisent » Jean-Yves Macé. président de MJC de France
Pourtant la MJC est un lieu » où l’on apprend à participer à la vie démocratique, où l’on découvre et comprend un collectif, l’éducation populaire … »
62 % des communes maintiennent leurs subventions. Ce qui veut dire que près de 40% les diminuent…


