Des géomètres au chevet de l’art préhistorique pour modéliser une grotte en 3D

À l’occasion de la Semaine des Géomètres-Experts 2025, des professionnels ont réalisé le 3 Septembre dernier une modélisation 3D de la grotte de Corn dans le Lot. Cet exemple d’art rupestre avait été découvert en 2015.Des professionnels ont réalisé une modélisation 3D de la grotte de Corn dans le Lot. Cet exemple d’art rupestre avait été découvert en 2015.

La preuve d’une présence humaine

Sur la paroi de la grotte, Guy Bariviera nous montre les lignes d’un équidé : « Là, on a la queue du cheval, la ligne de dos qui se trouve ici, la crinière, la tête, le poitrail et puis les pattes avant ». À l’œil nu, on distingue à peine l’animal. Et pour cause. Ce cheval a été réalisé il y a près de 15 000 ans. 

Modéliser la grotte en 3D

Ces peintures datent du magdalénien supérieur, la dernière culture archéologique du Paléolithique supérieur en Europe de l’Ouest. Il s’agit donc d’une date assez récente en comparaison de Lascaux ou même de Chauvet, dont l’art rupestre remonte à 35 000 ans. Ces peintures ont été découvertes en 2015 près du village de Corn dans le Lot. 

Pour tenter de percer les secrets de la grotte, une équipe de géomètres mesure la cavité. Grâce à du matériel de pointe, ils obtiennent des données de localisation précises : « On voit la totalité de la grotte sous forme de nuages de points », explique le géomètre Paul Bétourné. « Ces mesures servent à modéliser toute la grotte pour calculer des volumes. On n’a pas besoin d’avoir à y revenir si on veut faire des mesures supplémentaires ».

Chercher à percer les mystères 

Pour Michel Lorblanchet, cette technique est une véritable innovation. Le préhistorien a plutôt l’habitude de travailler avec des plans calqués. Selon cet expert, la modélisation 3D pourrait aider à trouver la réponse à certaines questions autour de l’art pariétal.

« Pourquoi ils ont placé ce cheval à cet endroit-là plutôt qu’ailleurs ? Pourquoi celui-là est incliné comme il l’est ? Est-ce que le relief est important, parce que c’est une cavité ? Est-ce que c’est le relief qui a commandé la position des animaux ? », s’interroge Michel Lorblanchet . Autant de questions qui trouveront peut-être un jour une réponse.

Utiliser ainsi la géométrie pourrait à l’avenir se révéler être une alliée précieuse pour mieux comprendre les mystères de ces populations, qui ont raconté leur quotidien à travers ces multiples peintures dans les grottes qu’ils occupaient.

Source ; france 3