Entre émerveillement et vigilance, le Lot a commencé à vivre au rythme du brame du cerf

Un long article d’actulot sur ces grands cervidés que nous vous résumons ici.

Le brame du cerf est un spectacle sauvage emblématique de l’automne.

De septembre à fin octobre 2025, les forêts lotoises résonnent des cris rauques des mâles en quête de femelles. Une expérience fascinante qui attire chaque année de plus en plus de curieux… parfois au détriment du respect des animaux et de la quiétude des villages.

Un phénomène naturel en pleine expansion

Depuis une vingtaine d’années, les grands cervidés étendent leur territoire dans le département. Suivis de près par la Fédération des chasseurs du Lot et la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), les cerfs ont désormais colonisé presque tout le territoire. « Le cerf est aujourd’hui présent partout, du nord au sud du Lot », confirme Michel Bouscary, président de la Fédération des chasseurs. La LPO, de son côté, observe cette progression à travers les données recueillies par ses bénévoles.

Des « places de brame » jalousement gardées

Si le brame peut théoriquement s’entendre dans tout le département, les cerfs choisissent des zones précises : clairières, vallées du Célé, du Vert ou de la Masse… Des lieux tenus secrets pour protéger la tranquillité des animaux. « Le brame est un cadeau de la nature, il faut savoir l’écouter sans déranger », insiste Nathan Trouverie, chargé d’études à la LPO.

Entre fascination et incivilités

Le succès populaire du brame entraîne des débordements : voitures garées sur les chemins, curieux utilisant des phares ou des lampes pour apercevoir les cerfs. Certaines communes, comme Les Arques, ont dû interdire la circulation sur plusieurs routes jusqu’à fin octobre. D’autres élus, comme la maire de Labastide-du-Vert, déplorent le manque de civisme de certains visiteurs.

L’OFB monte la garde

Face à ces comportements, l’Office Français de la Biodiversité (OFB) multiplie les opérations de surveillance. Les agents rappellent que l’éclairage des animaux est interdit et passible d’une amende pouvant atteindre 750 euros. Au-delà de la réglementation, ces dérangements peuvent compromettre la reproduction des cerfs et provoquer des accidents de la route.

Chasseurs, naturalistes et écologistes s’accordent sur un point : le brame du cerf reste un moment privilégié d’observation de la nature, à condition d’en être simple témoin, pas acteur intrusif. « Pour profiter pleinement du spectacle sonore, ne vous écartez pas des chemins », rappelle l’OFB.